Généralités : La recherche de la paix est une constante de l’histoire de l’humanité.
Comme l’écrit Stéphane Hessel, l’un des fondateurs de l’AFECTI, c’est ce que j’appellerais la culture de la paix, et le terme de culture peut s’entendre presque au sens d’agriculture. C’est un processus ; cultiver c’est faire pousser et pour faire pousser une culture de la paix il faut semer au bon endroit. Inutile de dire que c’est d’abord dans l’esprit des enfants, à l’école et par la formation des esprits... Mais il faut aussi que les mauvaises herbes, qui existent toujours, soient empêchées d’envahir le terrain. Une culture de la paix doit être suffisamment garantie contre l’inculture, contre la brutalité, la cruauté qui sont les mauvaises herbes des sociétés. Tout cela demande un soin de jardinier. Et je crois que la vocation de jardinier de l’homme est ce qui a probablement le plus de chance de le sauver, de l’amener à une culture de la paix, tant il est vrai que l’homme aime faire pousser les choses. Et faire pousser la paix, c’est faire pousser la compréhension, le dialogue, la communication et non pas la violence.
Dans les années 50/60, la polémologie ou science de la guerre et de la paix, popularisée en France par Gaston Bouthoul n’a guère eu de suite. On parle désormais de conflit. Y-a-t-il aujourd’hui plus ou moins de conflits? La fin de la guerre froide pouvait laisser présager leur diminution : loin de là et les réponses diffèrent selon les interlocuteurs.
Tout au plus ont-ils changé de nature et sont de plus en plus médiatisés. Des conflits entre nations, on est sensiblement passé à des conflits internes aux nations, la plupart à caractère ethnique ou religieux, par manque ou recherche de ressources naturelles ou nouvelles, bien souvent les deux, et sur un terrain largement nourri par la pauvreté et l’ignorance.
Tout conflit violent ou larvé est une cause majeure de l’absence de développement. La désintégration du tissus social et économique s’ajoute aux destructions massives et aux milliers de disparus et handicapés de toutes sortes (notamment par le reliquat souvent incontrôlé de mines anti-personnel).
On distingue plusieurs niveaux : la négociation, l’arbitrage, la médiation, la conciliation et in fine l’application d’un règlement ou d’une convention à laquelle adhèrent toutes les parties.
Plus récemment, de nombreux chercheurs accumulent sur le sujet de nombreuses études. Toutes leurs analyses visent à trouver des indicateurs et des stratégies basés principalement sur la capacité de dialogue et de compromis, la facilitation de la liberté d’expression et la participation de tous les acteurs potentiels, intérieurs et extérieurs.
Sur le terrain, plusieurs phases sont généralement admises : la prévention et la consolidation de la paix (Peace building) sont du ressort des experts et la gestion proprement dite du conflit revient au domaine politique. C’est dans la période d’après conflit qu’interviennent tous les acteurs du développement, public et privé. Cette étape prend la forme de conférences internationales au cours de laquelle les principaux donateurs s’engagent sur des montants financiers (pledges) basés sur un rapport établissant les besoins nécessaires à la reconstruction et la remise en marche d’un pays ou d’une région.
Ce processus désormais institutionnalisé d’évaluation des besoins (Post Conflict Needs Assesments/ PCNA) vise à mettre en place un plan d’action permettant de résoudre les problèmes immédiats d’urgence tout en les insérant dans une stratégie à plus long terme, en accord avec tous les partenaires locaux et internationaux. Ce mécanisme est généralement conduit conjointement par les Nations Unies et la Banque mondiale. (SB : Practical guide to multilateral Needs assessments in Post conflict situation, WB-UN,8/04).
Commentaires : Le recul manque pour témoigner de la validité des récentes mises en application du processus de résolution des conflits. Si celui-ci relève encore de l’aléatoire, de la théorie et de l’utopie, il reste assurément le domaine privilégié des politiques de tous bords qui sont à l’épreuve dans de nombreux pays en crise.