Généralités :
Selon la définition proposée en 1987 par la Commission
mondiale sur l’environnement et ledéveloppement, dans le rapport Brundtland,
le développement durable est un développement qui
répond aux besoins du présent sans compromettre la
capacité des générations futures de
répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à
cette notion, le concept de « besoins » et
plus particulièrement des besoins essentiels des plus
démunis, à qui il convient d’accorder la plus
grande priorité, et l’idée des limitations que
l’état de nos techniques et de notre organisation sociale
impose sur la capacité de l’environnement à
répondre aux besoins actuels et à venir.
En France, l’Agence de
l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie
(ADEME) donne la définition suivante :
Équité sociale, efficacité économique,
qualité de l’environnement : penser
développement durable, c’est prendre en compte
simultanément ces trois aspects au lieu de régler
des conflits nés de leur confrontation permanente.
La déclaration de Rio de Janeiro,
au sommet de la Terre en 1992 a mis l’homme au centre des
préoccupations du développement durable, dans le respect
des générations présentes et futures.
Selon Le Monde du 1/12/05,
le développement durable est définitivement sorti du
domaine de l’utopie pour devenir un élément
pragmatique de l’économie de marché. Cet objectif
s’appuie sur trois piliers : écologique, social et
économique. Le commerce équitable se veut ainsi un
commerce responsable.
Parallèlement, des instances
internationales de contrôle se mettent en place, des labels ou
éco-labels et des normes fiables sont attribués. La
famille ISO-9000 est devenu une
référence « du management de la
qualité ».Ce terme recouvre ce qu’un organisme
réalise pour répondre aux exigences qualité du
client, à la réglementation et à une
amélioration constante de ses performances. La famille ISO-14000 doit permettre aux entreprises de relever le défi de l’environnement.
Commentaires : C’est
finalement le choix du consommateur qui décidera de donner au
développement durable tout son sens. Plus
généralement, il s’agit de l’avenir de notre
planète dans des domaines aussi variés que les pollutions
marines ou atmosphériques, la lutte contre la surpêche, le
maintien de la bio-diversité ou le contrôle des gaz
à effet de serre, entre-autres.
Or qu’en est-il aujourd’hui ?
On constate une véritable inflation de l’adjectif durable
(tourisme durable, ville durable, transport durable…)
utilisé à tout propos avec des considérations
parfois très éloignées de l’esprit qui
devrait présider à des politiques de
développement durable. Il en résulte une
confusion…durable.
En effet, gérer la planète Terre
dans l'intérêt de tous ses habitants, pour un
développement durable, impose une démarche globale et
systémique, impliquant une solidarité planétaire,
car personne ne se sauvera durablement seul.
Mais, selon le niveau de développement
atteint par les Etats, "l'environnement" est perçu soit comme un
atout, soit comme une contrainte.
Il y a ainsi une distorsion
considérable entre l'approche des pays développés
et celle des pays en développement. Dans les premiers il s'agit
pour le plus grand nombre d'accéder à un confort accru en
améliorant la santé, alors que dans les seconds,
développement signifie généralement aspirer
à la satisfaction de besoins vitaux (se nourrir, se vêtir).
C’est ainsi que le développement
durable ne peut être décrété par l’
Occident développé en transposant un modèle de
développement unique, pour lutter contre la pauvreté.
Sinon les meilleures intentions des instances internationales,
traduites en programmes d’aide au développement, seront
vouées à l’échec.
Bibliographie :
Survivre au développement, Serge
Latouche, Mille et une Nuits,2004 – Remise en cause des notions
de croissance, de pauvreté, de besoins fondamentaux. Effondrement, Jared Diamond, Gallimard, essais,2005 – Comment finissent les grandes civilisations? Vers l’ultime extinction , Philippe
Dubois, La Martinière,2005 – La Terre est entrée
dans une phase brutale et inconnue de bouleversements qui se traduit
par une extinction progressive de la bio-diversité. La biosphère, Jean-Paul
Deléage, Gallimard,2001 – une analyse de
l’état de la planète à partir du concept de
biosphère. La vie après le pétrole,
Jean-Luc Wingert,, Autrement,2005- Le pic de la production
pétrolière interviendra au cours de la prochaine
décennie et nécessitera une restructuration de
l’économie mondiale.